Un REEE, ça rapporte combien?
Publié pour le Journal de Montréal - 7 février 2026 - On peut lire le texte ici
Doit-on s’attendre à un bon rendement avec un Régime enregistré d’épargne- études (REEE)?
Pour tous les types d’investissements, le rendement dépend des facteurs suivants: votre tolérance au risque, la période d’investissement, le type de produit financier (ou actif) et le montant total investi.
Mais le REEE comprend un facteur additionnel qui fait une énorme différence: vous pouvez obtenir des subventions fédérale et provinciale allant jusqu’à 30% des montants que vous canalisez dans votre REEE. On parle ici de la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) et de l’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE).
C’est donc de l’argent qui tombe du ciel. Du point de vue du rendement, c’est imbattable.
Très populaire
Les REEE sont populaires auprès des parents, selon Statistique Canada. En 2024, les Canadiens auraient cotisé 6,2 milliards (G) $ à leurs REEE, pour des actifs évalués à 89,8 G$. La cotisation moyenne des parents québécois totalisait 1700$ (Canada: 1840$).
D’autre part, 583 079 jeunes aux études auraient effectué 6,7 G$ de retraits, pour un retrait moyen de 11 446$. Un peu plus de 51% étaient issus de familles à moyen ou à faible revenus.
Statistique Canada précise que 8 millions de Canadiens bénéficient du régime, dont 3,1 millions en 2024 seulement. Pour l’IQEE, il y aurait eu 779 033 participants en 2022, selon la Chaire en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke. En 2025, l’IQEE aurait coûté 130,4 millions de dollars au trésor québécois, selon le ministère des Finances.
Rendements
Jean-Stéphane Parent, vice-président chef de l’investissement à Kaleido, une firme de Québec pionnière pour les REEE, offre quelques hypothèses de rendement.
L’entreprise propose trois plans individuels qui s’apparentent à des fonds communs de placement équilibrés investis dans les marchés financiers (actions, obligations, marché monétaire) canadiens, américains et internationaux.
La répartition de l’actif varie en fonction de l’âge de l’enfant. Plus il vieillit, plus elle est conservatrice. Chaque année, la proportion des actions diminue au profit des obligations.
«Le rendement dépend donc du profil des parents (quelle est leur situation financière; sont-ils tolérants ou allergiques au risque?) et de la durée», dit-il. Un parent qui investit dès la naissance de l’enfant sera avantagé comparé à celui qui le fait lorsque l’enfant célèbre ses 8 ou 15 ans. C’est la magie des intérêts composés (l’intérêt réalisé tant sur le capital que les intérêts).
M. Parent mentionne que le rendement des produits maison sur 3 ans se situe à 4,4% pour le plan prudent, 8,0% pour le plus agressif et 8,7% pour le produit d’investissement responsable.
Contributions
Si un parent contribue (dès la naissance de l’enfant) au maximum annuel autorisé par le gouvernement, soit 2500$, sa cotisation totalisera 45 000$ au bout de 18 ans. Il aura droit à une subvention de 10 000$ et son rendement sera de 17 691,50$, pour une valeur totale de 73 491,50$.
Une contribution mensuelle (208,33$) moussera le rendement total de 1000$.
«Il n’y a pas de petit montant pour contribuer à un REEE», reprend Jean-Stéphane Parent. «Une contribution mensuelle de 50$, dès la naissance, permettra d’accumuler 10 800$, d’obtenir une subvention de 3240$, de dégager un rendement de 4513,22$, pour un total de 18 553,32$. Les subventions font une grosse différence.»
CONSEILS
Comme le REER ou le CELI, le REEE n’est pas un produit financier, mais un compte qui offre des avantages fiscaux et permet d’investir dans des produits financiers (fonds communs de placement, FNB, actions, obligations, CPG).
Le REEE finance les études postsecondaires: professionnelles (DEP, AEC), collégiales ou universitaires, au Québec ou ailleurs dans le monde. Il s’accompagne de subventions pouvant aller jusqu’à 12 800$ par enfant. Les sommes accumulées dans un REEE fructifient à l’abri de l’impôt.
Une fois ses études commencées, l’enfant peut retirer l’argent à son rythme et le dépenser sans contraintes. Pour certains régimes, si l’enfant ne poursuit pas d’études postsecondaires, les parents peuvent récupérer leur argent (moins les subventions) et le rendement correspondant, sinon l’argent pourra servir aux études d’un autre enfant.
Voici de la lecture sur les REEE par l’Autorité des marchés financiers (AMF), le gouvernement fédéral et Revenu Québec. Liste des établissements scolaires québécois admissibles.