Les bienfaits de financer sa retraite à long terme

Publié pour le Journal de Montréal - 7 février 2026 - On peut lire le texte ici

Certaines personnes attendent à 50 ans avant de sérieusement épargner pour leur retraite, quitte à la reporter à 70 ans.

Sont-elles perdantes comparativement à un travailleur qui a mis de l’argent de côté avant de prendre sa retraite à 65 ans?

«Financièrement, c’est toujours gagnant de reporter sa retraite», commente Dany Provost, directeur optimisation fiscale à SFL Expertise. «Vous étirez la période où vous accumulez de l’épargne et vous rétrécissez celle où vous décaissez vos fonds. Et c’est encore plus avantageux si vous reportez l’encaissement de vos rentes gouvernementales [PSV et RRQ].»

Ce report est payant. Ainsi, si on étire l’encaissement de la pension de la Sécurité de vieillesse (PSV) jusqu’au maximum permis, soit 70 ans, votre rente augmentera de 36%. Pour le Régime de rentes du Québec (RRQ), un report à la limite de 70 ans moussera la rente de 42%!

Évidemment, pour la RRQ, le montant dépend des cotisations accumulées durant la vie active. Mais les deux rentes seront tout de même majorées à vie.

Pas comparable

Par contre, une personne qui accumule son épargne retraite entre 50 et 70 ans soutient mal la comparaison avec une autre qui a nourri son REER durant toute sa vie active.

La fable du lièvre et de la tortue prend ici tout son sens, à cause de la magie du rendement composé, soit celui qui s’accumule à la fois sur l’épargne et sur les intérêts. L’argent travaille ainsi sans effort.

Or, l’intérêt composé offre un meilleur rendement à long terme. On parle ici de la règle des 72, soit le taux de rendement multiplié par le nombre d’années.

Ainsi, un capital investi avec un rendement de 8% doublera tous les 9 ans. Un préretraité qui commence à 50 ans voit donc son épargne prendre moins de coffre qu’un autre, qui épargne depuis qu’il est entré sur le marché du travail.

D’autant plus qu’à 50 ans, on a le goût de profiter de la vie au lieu de se serrer la ceinture davantage pour rattraper le temps perdu.

Plus de moyens

Par contre, un salarié de 50 ans a souvent un meilleur revenu qu’à 30 ans. Sa capacité d’épargne est donc plus élevée, surtout si la maison ou la voiture sont payées.

«Ça dépend de la personne: si sa santé est affectée, va-t-elle pouvoir travailler jusqu’à 70 ans?» demande Dany Provost. «D’autre part, quelqu’un qui a peu d’épargne, mais un train de vie modeste, pourra peut-être se contenter de reporter sa retraite pour ainsi économiser davantage. Ou même la prendre à 65 ans en bénéficiant des rentes gouvernementales et même du Supplément de revenu garanti.»

Dany Provost est formel: une personne qui épargne en mode rattrapage, même agressivement, obtiendra un rendement moindre qu’une autre qui a épargné toute sa vie active.

«La plupart des gens qui se retrouvent en mode rattrapage doivent faire des sacrifices», reprend Dany Provost. «Diminuer son train de vie en vaut-il la peine? Pour en avoir le cœur net, il faut demander à un planificateur financier d’effectuer une projection de revenus à la retraite, pour confirmer s’ils couvriront le train de vie. C’est fondamental.»

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Un REEE, ça rapporte combien?