Bien rénover sa maison sans se surendetter
Publié par le Journal de Montréal - 5 août 2026 - On peut lire le texte ici
L'embellissement ne doit pas être la seule priorité
L’été, c’est la saison des projets de rénovation. Comment se lancer sans que ça devienne un désastre financier ?
« Les pires choix, ce sont les ‘‘tant qu’à faire’’, explique Elise Cuccilotta, courtière hypothécaire chez Multi-Prêt. La facture peut monter très rapidement. Il est préférable de planifier longtemps d’avance, au lieu d’en ajouter en plein chantier. »
Le désir d’embellir son environnement cache aussi de nombreux pièges. Souvent, la rénovation la plus urgente, ce n’est pas celle de la cuisine.
« Les travaux essentiels sont souvent ceux que l’on ne voit pas, reprend Mme Cuccilotta. Lorsqu’on doit composer avec des infiltrations d’eau, le toit qui coule ou le clapet antiretour passent en premier. »
Ce genre de situation s’impose souvent pour les propriétés construites dans les années 1950 et 1960.
« En privilégiant ce genre de chantier, on évite les travaux urgents qui coûtent une fortune, lorsqu’exécutés en urgence. On se place ainsi en mode prévention », poursuit-elle.
Surtout que certains propriétaires ont déjà atteint le maximum de leur capacité d’emprunt. Il faut éviter de piger dans ses REER et de se taper une imposante facture fiscale.
Rénover trop cher
Une autre erreur courante est de miser sur des rénovations astronomiques par rapport à la valeur moyenne des maisons comparables dans le quartier. Il faut longtemps réfléchir avant d’ajouter un étage ou une annexe, ou de miser sur des finis de luxe.
Le meilleur taux
Lorsqu’on doit emprunter pour financer ses rénovations, le meilleur taux d’intérêt n’est parfois pas le plus avantageux, même si c’est contre-intuitif.
« Par exemple, j’ai eu un client qui voulait refinancer sa propriété pour tenir compte d’un chantier, reprend Mme Cuccilotta. Mais briser le contrat hypothécaire se traduisait par des pénalités importantes. Avec l’accord du prêteur, on s’est contenté d’ajouter une tranche hypothécaire avec un terme semblable au contrat courant, sans devoir passer chez le notaire. »
Certains prêteurs sont disposés à tenir compte de la valeur future de la propriété. Ça fait une énorme différence.
Par exemple, pour une propriété de 500 000 $, le prêteur ne tiendra compte que de 80 % de cette valeur. S’il accepte de tenir compte de travaux totalisant 100 000 $, il ajustera son financement à 80 % d’une valeur totale de 600 000 $.
Une marge ?
Certains obtiennent un financement rapidement, mais ne peuvent, pour toutes sortes de raisons, lancer les travaux immédiatement. Ils doivent se résoudre à effectuer leurs paiements pendant plusieurs semaines, et même parfois des mois avant le début du chantier.
Une manière de contourner cette situation est d’opter pour une marge de crédit hypothécaire. Elle coûte plus cher qu’une hypothèque, mais on ne s’en sert qu’au moment où il faut payer l’entrepreneur et économiser sur l’intérêt. Ce type de prêt est également avantageux pour financer des travaux urgents ou imprévus.