Éviter les mauvaises surprises avec les préarrangements funéraires
Publié pour le Journal de Montréal - 13 avril 2026 - On peut lire le texte ici
Les préarrangements funéraires sont une excellente manière d’éviter les ennuis pour vos héritiers. À condition de savoir comment négocier les surprises.
Un lecteur m’a écrit au sujet des préarrangements d’une cousine. Il aide son conjoint de 90 ans à régler sa succession. Cette cousine les avait payés en 2016, pour 10 800 $. Par contre, dans son testament, elle autorisait son mari à effectuer des changements à ses dernières volontés.
Ce dernier a opté pour l’incinération au lieu de l’exposition et de l’enterrement.
Le salon funéraire a donc préparé une grille budgétaire tenant compte du remboursement du cercueil, du corbillard, des porteurs et de l’exposition, ainsi que pour les imprévus au contrat de préarrangements : crémation, urne, montage vidéo, signets... Notre lecteur ne remet nullement en cause les montants correspondants.
Le problème, c’est que le salon impose certains frais administratifs additionnels. Son directeur aurait affirmé que ces frais tiennent compte de l’inflation. Et certains chiffres manquent de clarté. Au moment d’écrire ces lignes, notre lecteur et le salon négociaient toujours.
C’est payé
Selon l’Office de la protection du consommateur (OPC), la Loi sur les arrangements de services funéraires et de sépulture est claire : la maison funéraire doit rendre les services sans exiger de sommes supplémentaires à ce qui avait été convenu d’avance, même pas pour compenser l’inflation.
Avec les préarrangements, la maison funéraire investit l’argent du client, qui est déposé dans un compte en fidéicommis (ou en fiducie). Le rendement couvre ainsi l’inflation. C’est même l’avantage principal de cette formule : vous avez la tranquillité d’esprit ! D’autant plus que les maisons funéraires s’occupent aussi de certaines tracasseries bureaucratiques.
Donc, invoquer l’inflation pour justifier des frais administratifs est illégal. Vous pouvez porter plainte à l’OPC. Entre mars 2023 et mars 2026, l’Office a reçu 164 plaintes concernant les maisons funéraires, soit 0,2 % du total des plaintes reçues en trois ans. Rien pour écrire à sa mère.
Ce qu’il faut retenir de l’exemple vécu par notre lecteur ? On peut changer d’avis sur les services fournis, du moment que le salon funéraire respecte la loi, même si certains services ou produits sont fournis par des sous-traitants.
En terminant : il existe un registre des arrangements préalables de services funéraires et de sépultures, pour éviter que les consommateurs achètent des services funéraires déjà couverts par un contrat de préarrangements, populaires auprès du quart des Québécois de 65 ans et plus.
Conseils
Vous achetez des préarrangements ? Informez vos proches. Pourquoi ne pas les magasiner en compagnie d’un de vos héritiers ? Les préarrangements permettent d’éviter que votre succession organise vos funérailles au moment où ils vivent un deuil. Par contre, on peut se servir de l’assurance vie pour assumer les frais funéraires. Certaines assurances collectives les couvrent en partie.
Vérifiez que la maison funéraire possède bien un permis valide délivré par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Magasinez vos préarrangements et exigez des soumissions qui détaillent tous les produits et services, avec tous les prix. Vous pouvez exclure fleurs, buffet et signets, souvent moins chers ailleurs.