Se fier à l’IA pour ses placements et finances personnelles?
Publié par le Journal de Montréal - 25 juin 2026 - On peut lire le texte ici
Près du quart des Québécois ont utilisé l’intelligence artificielle pour s’informer sur leurs finances personnelles, selon un sondage Léger commandé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) l’an dernier. Un Québécois sur trois suit un influenceur financier (finfluenceur), la plupart du temps sur YouTube ou TikTok, indique Option consommateurs.
Selon l’Étude de l’AMF, 17 % des gens ont consulté un assistant conversationnel (Chat GPT, Claude, Copilot, Gemini) pour leurs finances personnelles ; 9 % ont utilisé un aperçu généré par l’IA.
« Ceux qui se fient à l’IA, ça m’inquiète tout autant que ça m’enthousiasme », indique Maxime Gauthier, président de Mérici Services Financiers.
Il se réjouit quand un client vient le voir APRÈS avoir interrogé l’IA.
« Ça démontre qu’il manifeste un intérêt envers le sujet, qu’il est disposé à consacrer du temps, qu’il est curieux. Il n’y a toutefois pas de vérité universelle et implacable en placement et en finances personnelles : chacun est unique. L’IA, elle, donne dans les généralités. »
Incomplet
L’IA peut offrir des réponses intéressantes sur des concepts généraux, comme le fonctionnement d’un REER. Mais ça se corse lorsqu’on lui demande quelle proportion de son épargne on devrait confier à un REER ou un CELI, quand le convertir en FERR ou le rouler au conjoint, ou à quel rythme le décaisser, surtout si vous avez de l’assurance vie.
L’IA ne tient pas pleinement compte de paramètres compliqués comme la fiscalité.
« Mon rôle comme conseiller, c’est de pousser la réflexion plus loin, poser des questions inattendues, faire réfléchir. Vendre des produits financiers, c’est juste l’aboutissement d’un processus comprenant plein d’étapes préalables : collecte d’informations, établissement du profil de risque, analyses... Sans ce travail, la recommandation est déficiente », constate Maxime Gauthier.
Se méfier
« On ne doit jamais donner à une IA publique, surtout gratuite, son nom, son âge, téléverser des relevés bancaires ou financiers, même en masquant les renseignements personnels, affirme Emeline Manson, fondatrice de CY-clic, experte en prévention des fraudes et en cybersécurité. Dire à une IA que je suis une personne de 25 à 30 ans, mariée, ayant deux enfants, qui habite à Limoilou, c’est déjà mieux, ajoute-t-elle. Mais nous ne sommes jamais à l’abri des biais cognitifs et des hallucinations propres à l’IA. »
Comme l’outil est conçu pour nous faire plaisir, il faut éviter de lui faire confiance comme s’il s’agissait d’un conseiller financier, insiste-t-elle.
Au mieux, Emeline Manson suggère de demander à l’IA de fournir les hyperliens sur lesquels elle a fait sa recherche. « Il faut toujours double vérifier ce qu’on trouve en ligne », conclut-elle.
TROIS CONSEILS
Les bons cabinets de services financiers ont leur propre IA et vos renseignements personnels sont protégés
Les influenceurs financiers sur les réseaux sociaux sont sympas, mais, au bout de 15 ans, vous accumulerez 2,3 fois plus d’actifs avec un planificateur financier certifié, selon le CCIRANO
Avant toute réflexion sur vos finances, donnez-vous des objectifs avec des dates approximatives que ce soit pour changer d’emploi, un retour aux études, devenir propriétaire, avoir des enfants, prendre sa retraite ou voyager