Que dois-je savoir si je veux mettre mon condo en location?

Publié pour le Journal de Montréal - 14 février 2026 - On peut lire le texte ici

Louer un condo, c’est plus compliqué que de louer un appartement. Voici pourquoi.

Fin 2025, dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal, 21,9% des copropriétés étaient offertes en location, selon la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL). Dans la RMR de Québec, cette proportion était de 15,5%. À Gatineau, c’était 27,4%.

Certains spécialistes disent que dans les quartiers centraux de Montréal, cette proportion grimpe au-delà de 40%. Mais aucune étude ne le corrobore. Par contre, on dénombrait 2557 inscriptions de condos à louer dans la région de Montréal sur la plateforme Realtor, fin février (une soixantaine à Québec et 1164 à Gatineau).

Le Québec compterait autour de 400 000 unités de condos, dont 85 000 seraient loués (21%), selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ).

CODE DE VIE

Les immeubles de condos ont des règles différentes des appartements, car ils sont régis par ce qu’on appelle la « déclaration de copropriété », un document qui précise le « code de vie ».

Ce règlement encadre les usages, comme un BBQ sur le balcon, les animaux domestiques, le nombre d’occupants par logement, l’utilisation des stationnements, l’accès aux espaces communs (cour, gyms, terrasse, piscine), les amendes pour bruit excessif, l’interdiction de laisser ses bottes dans le couloir...

RESPONSABILITÉS LÉGALES

Le Code civil précise que le syndicat de copropriété ou le copropriétaire doit remettre une copie du règlement de l’immeuble au locataire.

« Le copropriétaire doit prendre le temps d’expliquer les règles de l’immeuble à son locataire. Si ce dernier représente une nuisance ou porte préjudice aux autres occupants, le syndicat peut exiger la révocation du bail », explique Me Yves Joli-Coeur, associé au cabinet Dunton Rainville.

Le copropriétaire doit aviser le syndicat que son condo est loué et transmettre les coordonnées du locataire (avec copie d’une pièce d’identité) et une copie du bail. Certains copropriétaires « oublient » de le faire et impactent ainsi la sécurité de l’immeuble (surtout en cas de sinistre), donc la valeur de la copropriété.

ASSURANCE ET SOLVABILITÉ

La loi n’oblige aucun locataire à s’assurer, qu’il soit en condo ou en appartement. Mais l’assureur d’un copropriétaire doit être averti que son unité est désormais louée. Il augmentera peut-être le coût de la protection ou exigera que le locataire ait sa propre assurance habitation et une couverture en responsabilité civile plus importante.

Évidemment, avant de louer à qui que ce soit, il est impératif d’effectuer une enquête de crédit (entre 15$ et 50$, selon le service) pour vérifier la solvabilité du futur locataire auprès des agences de crédit Equifax et TransUnion. Une cote de crédit supérieure à 650 est un signe que le futur locataire respectera ses engagements.

Une vérification des dossiers du Tribunal administratif du logement (ancienne Régie du logement) et des antécédents judiciaires s’impose également auprès de la SOQIJ.

LOCATION

Un immeuble de copropriété ne peut interdire la location à long terme, mais à court terme, oui, pour préserver la quiétude ambiante.

En 2018, j’ai écrit un article dans le Journal rapportant qu’un huissier avait remis une injonction à Jennifer Lawrence, qui tournait un volet de la série « Hunger Games » à Montréal, car elle louait un luxueux condo alors que le règlement de l’immeuble l’avait interdit.

De plus, informez-vous sur les règlements de zonage de votre municipalité. Certaines villes ou arrondissements interdisent la location à court terme, surtout de type AirB&B.

Mais si c’est accepté, vous devrez vous conformer aux lois et règlements fiscaux et touristiques.

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