Pourrais-je assurer ma maison dans une zone inondable?
Publié pour le Journal de Montréal - 17 avril 2026 - On peut lire le texte ici
Jusqu’à 35 000 logements de la grande région de Montréal ont leurs fondations dans une zone inondable, avec un risque réel de dommages en cas de crue.
Une réalité qui inquiète de nombreux propriétaires quant à leur couverture d’assurance.
« Le fait qu’une propriété se situe dans une zone inondable ne signifie pas qu’elle devient inassurable », indique une porte‐parole du Bureau d’assurance du Canada (BAC).
Le milieu de l’assurance demeure toutefois préoccupé. En février, le Regroupement des cabinets de courtage d’assurance du Québec (RCCAQ) a averti le ministère des Finances que les nouvelles cartes gouvernementales pourraient ne pas correspondre à celles utilisées par les assureurs, créant un flou pour les consommateurs.
Certaines firmes spécialisées en modélisation climatique, dont l’américaine First Street, estiment même que 79 000 bâtiments seraient exposés au risque d’inondation au Québec.
Couvert ou non ?
Un assureur peut très bien accepter de couvrir votre propriété, même si elle se situe en zone rouge sur la carte du gouvernement.
« Au Canada, les protections contre les refoulements d’égout sont plus courantes que celles visant les inondations », explique Patrick Décarie, vice-président aux opérations des ventes chez l’assureur Co-operators. Au Québec, le quart des assurés en habitation n’ont pas d’avenant (un ajout au contrat d’assurance) contre les refoulements d’égout.
Co-operators est le seul assureur au pays à offrir une couverture d’assurance, indépendamment de la zone où est située la propriété. Mais, peu importe l’assureur, plus le risque est élevé, plus le coût d’assurance grimpe...
À l’opposé, certains assureurs se retirent de certaines zones jugées à risque, comme TD Assurance et Definity Financial, qui a racheté Travelers l’an dernier. D’autres augmentent leurs primes. On a vu des couvertures coûter jusqu’à 15 000 $ par année...
Il est bon de rappeler qu’environ 1,5 million de ménages canadiens ne peuvent désormais souscrire à de l’assurance contre les inondations, selon le BAC.
Différences
« Les nouvelles zones dévoilées par le gouvernement québécois n’ont pas d’impact sur la disponibilité de notre couverture d’assurance pour les inondations de rivière. Notre modèle tient compte de l’élévation du terrain et de l’hydrologie », commente un porte-parole de Desjardins.
De fait, les assureurs offrent une protection « inondation », qui couvre « les dommages résultant du débordement d’un cours d’eau, généralement aux propriétaires d’habitation vivant dans des zones à faible ou moyen risque », ajoute le BAC. L’organisme précise que l’absence de couverture contre les inondations n’annule pas les autres protections (feu, vandalisme, vent, grêle).
La prime moyenne en assurance habitation au Québec est passée de 778 $ en 2018 à 1019 $ en 2023, selon Infoassurance. Le coût moyen des sinistres pour la même période est passé de 12 017 $ à 17 789 $.
Conseils
Consultez les cartes des zones inondables : celle de la CMMM, celle du Québec.
Faites installer un clapet antiretour (entre 500 $ et 3000 $ selon la complexité des travaux) et une pompe de puisard (entre 200 $ et 600 $, sans l’installation). Certains assureurs financent en partie ces mesures.
Munissez-vous d’une porte de garage 100 % étanche si elle est en contre-pente. Ça coûte au bas mot 25 000 $, mais Montréal offre une subvention de 9380 $.