L'impact sur les finances personnelles d'un congé de maternité qui s'étire

Publié par le Journal de Montréal - 21 septembre 2026 - On peut lire le texte ici

Les femmes ayant plus d’un enfant sont davantage pénalisées

Les congés pour les jeunes parents sont une bénédiction. Mais quand une mère l’étire sur plus d’un an, cela peut avoir des impacts significatifs ses finances, son patrimoine et sa carrière.

Kevin Milligan, professeur et directeur de la Vancouver School of Economics, publiait récemment une étude sur les bénéfices économiques et sociaux des garderies subventionnées pour les mamans. Le chercheur louange le programme québécois, qui entraîne pour ses utilisatrices des revenus moyens de 27 % plus élevés et une augmentation de 12 % de l’employabilité, une fois qu’elles atteignent 50 ans.

Les femmes qui s’absentent pendant quelques années accumulent un retard technologique ou d’expérience de travail et se coupent de promotions attribuées aux collègues dont les enfants fréquentent un CPE.

« Quand la maman revient sur le marché du travail, elle est à nouveau au bas de l’échelle », commente Hélène Belleau, professeure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et titulaire de la Chaire argent, inégalités et société de la Chambre de sécurité financière (CSF).

Questions d’argent

La chercheuse insiste surtout sur le fait que, quand on s’absente pendant des années, ça entraîne une énorme baisse de revenu et de patrimoine. « Comme la moitié des gens sont en union libre, lors d’une séparation, c’est chacun pour soi », soutient Hélène Belleau.

En 2023, Marie Connolly, économiste et professeure à l’UQAM, a publié une étude statuant que la maternité entraînait une perte de revenus de 49 % pour la mère, l’année de la naissance. Cette pénalité est de 34,3 % au bout de dix ans. Évidemment, les femmes ayant plus d’un enfant sont davantage pénalisées.

Une étude récente de la Banque CIBC établit que les femmes en couple sans enfants contribuent à 45 % aux revenus du ménage, comparativement à 40 % pour les mères.

Des suggestions

« Le coût des familles repose largement sur les épaules des mères, qui sont davantage pénalisées que les pères, ajoute Hélène Belleau.

Cette injustice affecte la solidité financière des deux parents. Conséquemment, la chercheuse suggère que le père contribue à l’épargne de sa conjointe, assez pour qu’elle accumule un patrimoine similaire à ce qu’elle épargnait avant la grossesse.

Le père peut aussi contribuer au REER de sa conjointe et même lui verser le possible remboursement d’impôt. Il est judicieux de contacter un planificateur financier pour faire des calculs appropriés.

« Je comprends les motivations de certains parents, mais le système de garde public est éducatif. Il n’y a pas de raison de s’absenter et de mettre en veilleuse son autonomie économique pendant des années », soutient Hélène Belleau.

Conseils

  • Dès la grossesse, les parents devraient contribuer à un Régime épargne études (RÉÉÉ) pour bénéficier de généreuses subventions : c’est de l’argent qui tombe du ciel. Plus on épargne tôt, moins ça pèse sur le portefeuille.

  • Au même moment, instaurez un virement automatique à chaque paie d’un petit montant vers un compte CELI dédié aux dépenses de la petite enfance, aux futures rentrées scolaires, périodes des Fêtes et vacances familiales.

  • Contactez votre courtier ou votre assureur vie et dommage pour établir une protection ajustée à votre nouvelle parentalité.


Suivant
Suivant

Quoi faire si un intrus se blesse dans votre maison