Si vous ne suivez pas les recommandations de l’inspecteur de votre assureur, vous pourriez avoir de mauvaises surprises
Publié par le Journal de Montréal - 30 septembre 2026 - On peut lire le texte ici
L'assureur peut exiger des travaux dans un délai de 30 à 60 jours
Pour accepter ou renouveler votre contrat d’assurance habitation, l’assureur envoie un inspecteur visiter votre propriété. Comment réagir ?
Cette situation m’est arrivée dans une autre vie : je venais d’acheter une maison que je louais et l’inspecteur avait décelé quelques améliorations à faire « dès que possible ». Il fallait calfeutrer des fenêtres qui avaient besoin d’amour, enlever un réservoir d’huile dans la cave qui ne servait plus depuis belle lurette et ajouter une rampe à l’escalier vers cette même cave.
« Et si je ne fais rien, que se produira-t-il ? » À cette question, l’inspecteur avait souri. Puis il a répondu : « Je ne suis pas censé vous le dire, mais si votre locataire déboule les escaliers et tombe en invalidité pour quelques mois, il pourrait vous rendre responsable. Si vous négligez de poser la rampe, l’assureur pourrait refuser de vous défendre en cour. »
Ah bon ! J’ai posé ladite rampe au bout de trois jours.
Les inspecteurs commandent-ils des inspections systématiquement ? Non, mais : « Un assureur peut demander une inspection afin de mieux évaluer le risque associé à une propriété », confirme Mélanie Fontaine, porte-parole du Bureau d’assurances du Canada (BAC).
Et les contrats d’assurance habitation prévoient clairement que l’assureur pourrait envoyer un inspecteur si la propriété répond à certains critères qui commandent une telle visite. L’agent ou le courtier a l’obligation de vous en avertir.
Faire les travaux
Le BAC confirme que « certains correctifs peuvent être recommandés ou exigés [suite à une inspection] afin que la propriété réponde aux critères de souscription de l’assureur. Le défaut d’effectuer les correctifs requis dans le délai prévu pourrait avoir une incidence sur l’admissibilité ou le maintien de la couverture. »
Normalement, l’assureur suggère une échéance. « Selon la nature des travaux requis, ce délai peut varier de 30 à 60 jours, ou jusqu’au prochain renouvellement de la police. L’objectif de cette démarche est d’assurer la sécurité des personnes assurées, de protéger leur patrimoine et de réduire les risques de sinistres prévisibles liés à certaines situations », précise Véronique Breton, porte-parole pour Desjardins Assurances.
Bien souvent, l’assureur s’appuie surtout sur le Code du bâtiment.
Des preuves
Certains assureurs peuvent exiger de leur fournir photos, factures ou autres documents pour prouver que les travaux ont été réalisés. Ce n’est généralement pas le cas chez Desjardins, car l’inspecteur prend lui-même des photos pour nourrir son rapport.
« Une fois les correctifs complétés, nous nous appuyons sur la bonne foi de la personne assurée, conformément au principe fondamental de l’assurance », conclut Mme Breton.
CONSEILS
Suivez les conseils pour économiser. Les améliorations peuvent influencer la valeur assurable de la propriété et se traduire par une hausse ou une baisse de la prime. On a vu des assureurs appliquer un rabais suite au retrait d’un vieux poêle à bois ou à l’ajout d’un clapet antiretour (et même le financer en partie).
Consultez le site infoassurance.ca , qui propose de nombreux conseils de prévention, dont certains à très faible coût.