L’assurance vie à la retraite est-elle utile?
Publié pour le Journal de Montréal - 28 avril 2026 - On peut lire le texte ici
Au Québec, la retraite n’est pas la même pour tous. Tandis qu’une minorité profite de régimes garantis et stables, la majorité devra composer avec un maigre revenu public ou les aléas des marchés boursiers. Selon un sondage Le Journal/Leger, plus de la moitié des Québécois de 50 ans et plus craignent de manquer d’argent à la retraite.
Les retraités devraient-ils continuer à être assurés pour la vie ? Ça dépend de votre situation.
Prenons le cas d’une personne qui a acheté des préarrangements funéraires, dont sa maison est payée et qui n’a aucune dette importante. L’assurance vie n’est pas réellement à considérer.
Par contre, s’il détient une hypothèque, une marge de crédit ou un prêt personnel important, c’est autre chose.
Endettement
« L’assurance vie est plus avantageuse que l’assurance hypothécaire offerte par le prêteur, car cette dernière a la banque comme bénéficiaire, et non la succession », explique James McMahon, planificateur financier au sein du cabinet Planif-Globale.
Ce dernier privilégie une assurance temporaire, transformable. Ce type de couverture est moins dispendieuse que l’assurance hypothécaire du prêteur et peut être convertie en assurance vie entière (et conservée jusqu’au décès), sans avoir à fournir de preuve d’assurabilité (tests médicaux, questionnaire).
De plus, si l’assurance a été contractée à 30, 40 ou 50 ans, elle sera moins dispendieuse que si elle l’a été à 60 ou 70 ans. Et si l’assuré a souscrit à une assurance avec paiements limités, une fois à la retraite, il n’y a aucune prime à payer, même s’il conserve la couverture.
Depuis quelques années, de plus en plus de retraités se retrouvent avec des dettes (hypothèques, marges, prêts personnels, cartes de crédit). Dans ce contexte, de nombreuses familles doivent renoncer à la succession à cause des dettes du défunt.
L’assurance vie contourne ces difficultés et permet de laisser un patrimoine libre de dettes.
Résidence secondaire
Si vous possédez un chalet, à votre décès, le gain de capital de cet actif (la différence entre le prix payé et la valeur au marché au moment du décès) sera imposé.
De plus, de nombreux baby-boomers ont acheté un condo pour loger leurs enfants, simplement parce qu’ils ont les moyens financiers ou l’accès au crédit que leurs rejetons n’ont pas. Cette propriété est aussi considérée comme une résidence secondaire. L’assurance vie permet de couvrir l’impôt.
Transfert de patrimoine
Même si certains retraités n’ont aucune dette ni résidence secondaire, ils préfèrent conserver leur assurance vie pour offrir un patrimoine plus important à leurs enfants et leurs petits-enfants, car l’assurance permet de couvrir l’imposition de gains de capitaux sur certains placements.
« Pour assurer leur train de vie, nombre de retraités utilisent leurs fonds de retraite (CELI, REER) et leurs rentes gouvernementales. Ils s’en remettent à l’assurance vie pour léguer un héritage à leurs proches », reprend James McMahon. Chez certaines communautés culturelles, les enfants paient même la prime d’assurance vie de leurs parents...
Entrepreneurs et travailleurs autonomes
À leur décès, la plupart des gens d’affaires et des travailleurs autonomes roulent leurs actifs à leur conjoint. Le besoin d’assurance est manifeste lorsque ce dernier décède, car les gains de capitaux sont imposés, ce qui affecte le patrimoine de la succession.
Un conseil : pour savoir si l’assurance vie est réellement avantageuse pour vous, discutez-en avec un planificateur ou conseiller financier.