Que couvre votre assurance voyage lors d’un ouragan ?
Publié dans le Journal de Montréal/Journal de Québec, section Dans vos poches, 8 septembre 2017
On peut lire l'article ici.
L’ouragan annule vos plans de voyage. Qui rembourse ? Alors qu’on évacue d’urgence les Québécois qui séjournent dans les Antilles après le passage d’Irma, plusieurs voyageurs se demandent qui va payer la facture. La réponse : normalement, c’est l’assureur.
Je dis normalement, car pour tout contrat d’assurance, il y a des exceptions. Surtout : tout dépend de vos dates de transaction.
Vous êtes là-bas
Vous vous prélassez au bord de la piscine et soudain on vous annonce qu’il faudra plier bagage en fin de journée ou demain. Le pire ouragan à avoir frappé les Antilles depuis des décennies menace. Mais il reste encore six jours à vos vacances, dûment payées il y a plusieurs mois.
Par de problème, car la garantie « Interruption de voyage » s’applique à votre police d’assurance voyage, que ce soit celle de votre assurance collective (offerte par votre employeur), celle de votre carte de crédit ou la couverture complémentaire achetée auprès d’un assureur ou chez l’agent de voyage (normalement, toutes ces couvertures se ressemblent).
Cette clause s’applique quand le gouvernement inscrit sur le site internet d’Affaires mondiales Canada (qu’on peut consulter ici : voyage.gc.ca/voyager/avertissements) un avertissement de ne pas voyager dans un pays en cas d’absolue nécessité, notamment pour cause de catastrophe naturelle. Cette mention doit toutefois avoir été ajoutée après que vous ayez souscrit l’assurance voyage.
Vous alliez partir
Vous êtes à Montréal à contempler les images de dévastation de Saint-Martin à TVA : demain après-midi, l’ouragan va frapper Puerto Plata... où vous alliez justement atterrir ce soir. Évidemment, le vol été annulé.
La garantie « Interruption de voyage » s’applique, car vous avez contracté votre assurance il y a quelques semaines. Ce ne sera pas le cas si vous avez réservé avion et hôtel ce matin, car l’avertissement du gouvernement était bien lisible sur le site d’Affaires mondiales depuis avant-hier. L’assureur a donc tous les droits de refuser de vous rembourser.
Ce qui est couvert
Normalement, l’assureur rembourse tout ce qui est essentiel à votre retour : frais de subsistance, hébergement, transport (taxi, voiture de location), repas, appels téléphoniques, internet, avion, etc. C’est écrit directement dans le contrat d’assurance.
Mais souvent, des limites s’appliquent : l’âge, les conditions préexistantes (vous souffrez déjà d’une maladie), certaines destinations à risque, les montants assurables par catégorie de risque (bagages, hospitalisation, rapatriement, médicaments, frais de subsistance, etc.)... Les clauses sont habituellement les mêmes pour l’assurance voyage offerte par votre carte de crédit, mais celle-ci couvre ordinairement un séjour plus court que l’assurance voyage émise par un assureur. En cas de rapatriement d’urgence, certains assureurs ajoutent des restrictions (exemple : ils ne paient que l’équivalent du coût du billet du retour en classe économique).
CONSEILS
Peu importe votre situation, appelez immédiatement votre assureur, voyagiste ou agent de voyage et conservez tous vos reçus.
Payez systématiquement avec votre carte de crédit pour bénéficier de la rétrofacturation.
Informations de l’Office de la protection du consommateur (OPC) : bit.ly/2xS74Fa
Certaines situations qui ne sont pas couvertes par l’assurance voyage peuvent l’être par le Fonds d’indemnisation des agents de voyage (si l’agence a un permis de l’OPC).